L’autobiographie peut avoir plusieurs fonctions. Se raconter peut permettre de mieux se découvrir soi-même, de réaliser sa catharsis, ou encore de dévoiler une part de soi à ses proches et au monde.

Pour autant peut-on tout dire dans une autobiographie ?

Distinguer l’autobiographie du journal intime

Chaque auteur, comme chaque personne, possède sa propre opacité.
L’écrivain Edouard Glissant définissait l’opacité comme la part de l’autre inassimilable, cette part de l’autre qui ferait nécessairement résistance et qui crée la singularité de tout individu, son altérité et sa différence. Ainsi, chaque auteur à propre part d’insaisissable. Si l’autobiographie peut les éclairer, elle ne pourra pas permettre d’accéder à toutes les facettes de son auteur. Votre autobiographie doit donc se distinguer d’une mise en roman d’un journal intime, d’autant plus que l’objectif de la vôtre sera sans doute dans un premier temps d’être publiée.

L’autobiographie comme réquisitoire ?

Un récit de mémoires personnelles est à double tranchant. Il peut autant choquer que réconforter l’entourage de son auteur.
La liberté d’expression de l’auteur est essentielle et l’expression de ses sentiments avec force et détermination est bien sûr souhaitable.
Cependant l’actualité nous le montre bien, si le drame familial peut être vendeur, de graves dévoilements ne sont profitables qu’à la condition que l’ouvrage ne soit pas
, par exemple, le prétexte à un règlement de compte familial. Un tel contexte pourrait d’ailleurs participer à faire de l’ombre à votre ouvrage ou à sa promotion.
Un juste milieu est sans doute à trouver entre l’auteur qui se peint comme l’éternelle victime de son environnement et qui celui qui souhaite devenir un justicier familial. La question de la part laissée à l’objectivité doit nécessairement être posée lors du processus d’écriture.

Les écrits restent

Les écrits, d’autant plus ceux publiés ou numérisés (à petite ou grande échelle) résisteront au temps.
Si des révélations importantes vous impliquant vous ou votre entourage doivent être mises à jour grâce à vos écrits, veillez à obtenir le consentement des proches qui pourraient être concernés en tant que victimes. Si vous ciblez plus ou moins négativement des personnes ; des personnalités ou leurs actions veillez à en discuter avec votre éditeur.
Il peut être judicieux de finalement choisir de rendre l’œuvre moins réaliste, d’anonymiser certains environnements ou protagonistes afin de ne pas permettre directement leur identification si tel est leur désir ou si cela peut vous épargnez de quelconque représailles familiales ou judiciaires.

Pensez-vous que l’autobiographie serait le moyen de tout dire de soi ? de sa vie ?
Votre liberté dans l’écriture doit-elle primer sans regard sur de possibles conséquences ?

Rébecca-May CHALONS MOURIESSE