S’exprimer par l’écriture : un challenge

Quel que soit le type d’écriture, écrire un ouvrage représente un challenge : un défi d’expression. S’exprimer par l’écriture c’est s’approprier la langue d’une manière toute particulière.

Ecrire avec « je » : un engagement encore plus personnel ?

Le défi de l’écriture nous engage de façon plus ou moins intime et suppose de se poser au moins ces deux questions avant même d’écrire le tout premier mot :

  • Quel est mon mode d’énonciation : vais-écrire un roman ? un recueil de poésie ? Un conte ?
  • À quel point vais-je m’engager dans mon ouvrage ? :Est-ce que je vais écrire à la première personne ? (je, moi, nous…) Ou alors à la troisième personne ? (Il, elles, eux…)

Le « je » dans le roman : des avantages et des inconvénients

Le « je » au cœur de l’interrogation et de la réflexion
Ecrire avec le « je » c’est exprimer de manière apparemment immédiate son point de vue ou celui de son personnage. L’utilisation du « je » suppose donc une introspection profonde : de soi ou de son personnage.
Le « je » peut néanmoins poser problème au lecteur pour identifier la personne à qui il correspond. Ce « je » qui s’exprime qui est -ce donc ? À quel personnage peut-il correspondre ?
**Le « je » : pour maintenir le suspense **
Astuce auteurs : L’identification d’un personnage qui est retardée jusqu’à l’union de son prénom au « je » qu’il prononce, par exemple à l’occasion d’une interaction avec un autre personnage, est un formidable outil de maintien de l’attente !
Cette révélation à retardement peut apporter une péripétie clef pour la poursuite de l’intrigue …ou même sa clôture. À vous auteurs de laisser parler votre imagination !

**Le « je » : un nouveau point de vue sur un univers littéraire **
L’usage du « je » suppose bien souvent une focalisation interne : le lecteur est directement immergé dans l’expérience du personnage. L’univers que vous peignez s’offre alors un nouveau prisme. Le lecteur découvre ainsi les scènes et les situations à travers les yeux du personnage énonciateur du « je ».

**Le « je » : un outil formidable pour peindre son personnage **
Le « je » peut être aussi l’occasion d’exprimer les émotions les plus pures et spontanées d’un personnage. L’occasion peut-être de s’essayer à une peinture psychologique ?
L’exemple le plus évocateur est le monologue. Qu’il soit intérieur ou exprimé, qu’il soit en amont ou en aval d’un nœud de votre intrigue, le monologue rend compte de la personnalité du protagoniste principal et met en lumière à travers ses propres mots ses questions, ses peurs, ses attachements les plus intimes.

Le « je », un défi que vous seriez prêts à relever ?

Rébecca May CHALONS MOURIESSE